Nicolas
Chapuis
Libraire
– Editeur You
Feng, Paris 2001
INTRODUCTION
Quiconque
approche la culture
chinoise aboutit rapidement à un double constat : si son
altérité n'en atténue
en rien sa richesse, sa fragilité à l'épreuve de
la modernité accentue son
atrophie.
Autre,
la Chine l'est
totalement. D'abord en raison d'une continuité culturelle et
historique sans
précédent depuis l'antiquité : tous les grands
empires ont disparu, sauf la
Chine ; toutes les langues écrites existant au début de
notre ère sont mortes,
sauf le Chinois. Seul peut-être le monde hébraïque
pourrait contester au monde
chinois cette prétention à détenir la parole d'une
sagesse originelle mais, à
la différence d'Israël, la Chine a conservé ses
attributs de souveraineté quels
que furent les aléas de l'histoire. Cet enracinement dans le
passé suffit, me
semble-t-il, à expliquer à la fois
l'altérité et la richesse de la culture
chinoise. Riche par accumulation, elle est autre par le double jeu de
l'antériorité et de la continuité.
Dans
un ouvrage remarqué, le
sinologue britannique W.F. Jenner a dénoncé ce qu'il
dénomme en l'espèce la
"tyrannie" de l'histoire. La Chine, explique-t-il, s'étouffe
progressivement dans ce carcan culturel ; elle avance à
reculons, le regard
fixé sur son passé. Ses récentes convulsions ne
seraient que les signes
précurseurs de cette asphyxie.[i]
Les
intellectuels chinois ne
sont pas moins critiques ni moins désespérés.
Dès le début de ce siècle, Lu Xun
s'en prenait au "cannibalisme" de ses compatriotes qui, sous le poids
du conservatisme, préféraient s'entre-dévorer
plutôt que de rompre avec le
passé. Plus proche de nous, Qian Zhongshu a mis en
lumière les hypocrisies et
les lâchetés qui rongent une âme chinoise
empêtrée dans le respect de la
tradition.
C'est
précisément la
fréquentation de Qian Zhongshu qui est à l'origine de
cette étude. Au cours
d'une série d'entretiens privés s'étendant de 1986
à 1992 sur la question de la
crise de la conscience chinoise, Qian m'avait encouragé, dans le
droit fil de
ses écrits, à "gratter" la surface des théories
pour retrouver
"l'homme". S'appuyant sur une solide culture encyclopédique
couvrant
tout autant le monde chinois que le monde occidental, Qian m'a
convaincu que la
Chine aurait pu et pourrait encore prononcer d'autres choix culturels,
sociaux
ou politiques que ceux communément désignés sous
le nom de
"confucianisme".
Contrairement
à nombre d'idées
reçues, il n'y a pas de fatalité d'un conservatisme
totalitaire dans la pensée
chinoise ; mais la "tyrannie de l'histoire" rend
particulièrement
ardue toute proposition alternative. Les intellectuels chinois,
échaudés par
les échecs successifs des "révolutions culturelles"
(1919, 1966),
sont de plus en plus tentés de "jeter le bébé avec
l'eau du bain", et
de rechercher leur salut dans une "occidentalisation à outrance"
(quan-ban
xi-hua). Cette
démarche se heurte
cependant à l'impossibilité de transcrire et d'assimiler
une vision du monde
qui est radicalement étrangère aux fondements de la
culture chinoise. Aussi les
forces conservatrices ont-elles beau jeu de dénoncer une
"trahison des
clercs" et de livrer en pâture à l'opinion publique ces
"vendeurs
d'âme".
La
seule façon de sortir de
cette impasse est de poser la critique du conservatisme en des termes
propres à
la culture chinoise. Le XIXème siècle avait
connu de premières
tentatives (Wei Yuan, Kang Youwei), restées cependant sans suite
en raison de
l'aveuglement d'un pouvoir impérial incapable de concilier
modernité et indépendance
nationale[ii].
Les conditions, en cette fin de XXème siècle,
sont totalement
différentes : la renaissance économique de la Chine lui
donne la possibilité de
renouer avec une puissance culturelle et morale ; sur les
décombres des
idéologies s'élance déjà la
"troisième vague" du confucianisme dont
les promoteurs (Du Weiming en particulier) soulignent les aspects
consensuels
et modérés. Mais entre l'occidentalisation à
outrance et le retour au
paternalisme confucéen, la pensée chinoise n'aurait-elle
pas, enfin, la
possibilité de s'engager dans une voie nouvelle ?
La
question de l'identité
Tant
les occidentalistes que
les néo-confucéens (ou néo-autoritaires selon les
dénominations en vogue)
partent du principe que la pensée chinoise exclue le dualisme.
A
la surface des mots, en
effet, la Chine ne nomme qu'un versant de l'identité, à
savoir "le
même" (tong ou tong-yi) ; elle ne sait pas nommer
"l'autre". "Etre", au sens philosophique du terme, ne peut
se traduire en chinois que par des approximations : ben-zhi (essence
fondamentale) ou zhu-ti (corps principal) ; le "je pense donc
je
suis" de Descartes se rend curieusement par "je pense donc je suis
là" (zai). Le contraire de "néant" (wu) - qui
est
un concept central de la pensée chinoise - est "avoir" (you)
et
non pas "être" (sauf à vouloir traduire l'avoir chinois
comme
signifiant "être", ce qui ne peut être que source de
confusion).
Cette
indifférence à la
question de l'Etre s'inscrit dans une vision du monde où la
conscience de Soi
se confond délibérément avec la conscience du
Tout. Toutes les pensées
chinoises classiques (c'est-à-dire les "trois écoles" :
le
confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme) admettent
l'Unité Suprême (tai-yi)
du Vivant, dont la pérennité est garantie par la
fluidité du Dao -
"Procès" dans lequel se réconcilient et se
résolvent antagonismes et
contraires. Selon le point de vue d'où on l'observe,
l'imaginaire chinois
minimise la position du Sujet - qui ne peut être "autre" - ou, au
contraire, valorise la position du Maître - qui incarne le Tout
l'ontologie
chinoise n'est jamais allée plus loin que les propos ambigus de
Zhuang Zi sur
le "Vrai Maître" (zhen zai), un Moi 'authentique" car
global par rapport à un "faux" Moi prisonnier de sentiments
particuliers.
De
cadre philosophique est
tellement ancré dans les esprits qu'il apparaît incongru
de le questionner. Et
pourtant, n'est-ce pas là a marque d'un "égocentrisme
totalitaire"
(la formule est de Lévinas) qui expliquerait la propension
chinoise à rejeter
toute éthique fondée sur le respect de la
singularité de "l'autre" ?
Ou encore,
et ceci éclairerait nombre de
comportements chinois, n'est-ce pas là le signe d'une "peur de
l'autre", en tant que "désir d'éviter la blessure d'une
extériorité
perçue comme une menace"?[iii]
Ainsi
"l'autre" serait
tu, dissimulé, contraint à être réduit dans
le "même" ou à demeurer à
l'extérieur de la pensée. Mais, paradoxalement, sa
présence est d'autant plus
forte qu'elle est niée.
Supposons
l'existence
virtuelle de cet "autre" comment s'exprimerait-il dans une langue qui
refuse de le nommer ?
Ma
recherche a consisté à
suivre les empreintes de cet "autre" invisible et à tenter de
nommer
ce qui ne l'était pas. L'ambition est de poser les jalons d'une
ontologie
chinoise qui transgresserait l'interdit du dualisme.
La
méthode
Le
morcellement des sciences
humaines en des disciplines de plus en plus spécialisées
et cloisonnées
constitue un obstacle pour ce type de recherche. Il eut sans doute
été plus
scientifique de limiter l'étude à une période
restreinte de l'histoire chinoise
(par exemple le début des Tang), ou encore à la
clarification d'un seul concept
(ainsi l'opposition entre qing
- émotion,
sentiment - - et xing
- caractère,
nature). Mais une approche aussi ciblée ne permet pas,
m'a-t-il semblé, de comprendre la dynamique
de
la tension, dans la formation de l'esprit chinois, entre le besoin
d'expression de l'identité et la volonté de ne pas
dissocier l'être de son
milieu.
Aussi
ai-je pris délibérément
exemple sur ceux qui m'avaient précédé sur ce
chemin : les essais de Qian
Zhongshu, bien que critiqués pour leur "absence" de
méthodologie,
m'ont conforté dans l'idée qu'une démarche
pluridisciplinaire, mêlant
l'histoire, la philologie, la philosophie, la poétique et la
littérature
comparée, aboutissait - à condition de ne pas perdre de
vue l'objet de la question
traitée - à une perception globale, "humaniste"
pourrait-on dire, d'un sujet culturel ; de la même façon,
les ouvrages de
Stephen Owen, universitaire américain spécialiste de la
poésie et de la
poétique chinoises, peu suspect de manque de rigueur
scientifique, m'ont
encouragé à lire les poèmes chinois comme
l'expression d'une conscience
toujours singulière, pour remonter à la source de
l'interrogation poétique.
En
France même, les études
thématiques de François Jullien, au carrefour de la
philosophie, de la
philologie et de la critique littéraire, se situent dans une
perspective tout
aussi enrichissante pour le lecteur. En confrontant les concepts
chinois à leur
logique interne et non pas par rapport aux concepts occidentaux, tout
en
commentant les recoupements ou les divergences de l'une et l'autre
vision du
monde, Jullien a ouvert la voie d'un comparatisme raisonné dans
les études
chinoises.
Ma
propre démarche a donc
consisté à prendre appui sur ces précédents
et à invoquer tous les outils
méthodologiques disponibles pour restituer le caractère
global d'une conscience
qui est, par définition, indivisible dans l'histoire, dans la
langue, dans la
façon dont elle exprime des idées, des frustrations ou
des rêves.
Les
sources
Dès
le départ, j'ai fait le
choix de placer la poésie au coeur de la recherche.
Ceci
tient à deux raisons
fondamentales : le statut de la poésie dans la culture chinoise
; le caractère
universellement "identitaire" de l'inspiration poétique.
La
poésie constitue dans la
Chine ancienne le degré le plus élevé de
l'expression littéraire. L'attachement
précoce des Chinois pour la musicalité, conçue
comme témoin de l'harmonie
universelle du Vivant, a élevé la poésie au niveau
du Rituel et en a fait un
art du Gouvernement
des Sages. Longtemps chantée, la
poésie chinoise était, bien davantage que la prose des
philosophes ou les
annales des historiens, l'évocation d'un Monde harmonique, saisi
dans son
essence même. La gratuité des occasions ou la
simplicité des compositions ne
doivent jamais égarer le lecteur occidental derrière
chaque poème chinois se
tient un prophète ou un Cassandre.
Selon
Paul Valéry - qui était
sensible à cette puissance d'évocation de la
poésie chinoise au delà de
traductions imparfaites - la poésie doit être
pensée à la fois comme un état
émotif particulier, et un art dont l'objet est de restituer
cette émotion.[iv]
La poésie chinoise ne fait pas exception à cette double
définition: l'émotion
ressentie doit traverser le poème pour être
appréciée par le récipiendaire
"au delà des mots". Cette intersubjectivité est, en soi,
fondatrice
de la relation du "Je" avec un "Autre". Si identité il y a
dans la pensée chinoise, c'est en premier lieu dans la
poésie qu'il convenait
d'en rechercher l'expression.
Le
corpus de la poésie
chinoise ancienne étant considérable, il est apparu
indispensable de
circonscrire un ensemble de textes dont la cohérence devait
répondre à l'objet
précis de la recherche menée. Plusieurs thèmes -
chacun représentant une situation
de crise du poète - étaient envisageables : l'exil, le
voyage, la mort. La
lecture de ces poèmes fait rapidement apparaître que la
question de l'identité
se joue toujours
à la
même saison de l'année l'automne.
L'automne,
comme on le verra
tout au long de cette étude, est une figure emblématique
de la pensée chinoise
: passage de la vie promise à une mort annoncée,
l'automne est également partie
du cycle infini et toujours répété des saisons.
Les poètes chinois ont pris
conscience très tôt de cette contradiction, de la
même manière que Paul Valéry
le fit en commentant les Bucoliques
de
Virgile : "le retour des saisons et de leurs effets donne
l'idée de la sottise de la nature et de la vie, laquelle ne sait
que se répéter
pour subsister."[v]
Les
poèmes d'automne jalonnent
l'histoire de la poésie chinoise ancienne ; mais on constate que
l'apogée de
l'inspiration, dans ce genre comme dans bien d'autres, culmine sous la
dynastie
des Tang, au Vlllèf"e siècle, avant d'amorcer la pente
descendante de l'imitation
ou de la répétition. Cependant, les quinze siècles
qui séparent le Livre des
Poèmes des oeuvres de Du Fu et de Wang Wei livrent un
corpus déjà vaste
pour aboutir à des résultats probants dans le cadre de
cette étude.
On
pourrait d'ailleurs avancer
l'idée que le débat interne sur l'expression de la
conscience individuelle se
clôt sous les Tang, avec la mise en place d'un système de
reproduction des
élites (les examens mandarinaux) qui permet aux
confucéens de reprendre la
direction de la vie intellectuelle, dans un sens moins favorable que
par le
passé à la diffusion d'idées contraires à
leur vision du monde. Peu de poètes
chinois après Du Fu oseront questionner ouvertement le sens de
la vie.[vi]
Tristes
Automnes
L'étude
s'ouvre sur le Livre
des Poèmes, qui recueille les premiers chants chinois, tels
qu'ils ont été
répertoriés par Confucius au Vlème siècle
avant notre ère. Les strophes se
rapportant à l'automne hésitent entre la joie des
fêtes d'équinoxe et la peine
de l'amour trompé. C'est une poésie d'individus en proie
à des sentiments
excessifs, qui a aussitôt suscité de sévères
commentaires des éditeurs
confucéens. C'est donc dès l'origine qu'est posée
la question de la tension
entre la virulence du sentiment éprouvé et
l'impératif du détachement et de la
régulation comme modèle de socialisation.
Le
second chapitre traite du
courant poétique alternatif de l'antiquité chinoise, en
abordant une section
des Chants du Sud, qui date du Illèf1e
siècle avant notre
ère, mais qui est fortement inspirée par une tradition
chamanique bien plus
ancienne. Là, l'automne n'est que tristesse, désespoir,
angoisse et
déchirement. Au contraire des Poèmes, les Chants
mettent en scène
des personnages
solitaires, qui cherchent à échapper
à un monde dans lequel ils ne trouvent ni modération ni
repos. C'est une poésie
de l'individu, d'un "je" sublimé, qui à l'évidence
ne peut coexister
en l'état avec une philosophie de l'indifférence.
Cette
double tradition a
obligé les premiers critiques chinois à concilier
l'expression du sentiment
individuel et l'impératif de régulation globale. Dans le
troisième chapitre,
est analysée la Grande Préface du Livre des
Poèmes, rédigée sans doute
au début de notre ère, et longuement commentée au
Vllème siècle ; on
y voit à la fois l'ambition de l'école confucéenne
de soumettre la création
poétique à une censure politique afin d'éviter les
débordements du type de ceux
des Chants du Sud, et, en même temps, les limites
intrinsèques d'une
doctrine contrainte de maintenir ouverte la contradiction entre
sentiment et
morale.
Les
deux chapitres suivants
témoignent de l'écart croissant qui apparaît entre
ces deux termes dans la
poésie du moyen-âge chinois. A partir d'une série
de poèmes d'automne figurant
dans un compendium du début de la dynastie des Tang, se dessine
clairement
l'évolution de la conscience poétique chinoise qui part
de la morale pour
aboutir au sentiment, puis à l'émotion pure. La
confrontation avec les textes
critiques aux deux points opposés de ce processus confirme non
seulement
l'existence mais aussi la progression d'un courant humaniste qui
accorde à
l'individu une valeur intrinsèque et exclusive fondée sur
la double notion
d'émotion (qing) et d'éveil (xing).
Les
deux derniers chapitres
cherchent à valider cette thèse dans l'œuvre des deux
plus grands poètes Tang
au milieu du Vlllème
siècle
: Du
Fu et Wang Wei.
La
lecture de l'Éveil
d'Automne de Du Fu, considéré depuis dix
siècles comme un chef d'oeuvre
inégalé de la poésie chinoise, confirme
effectivement le rôle essentiel que
jouent les deux notions d'émotion et d'éveil dans
l'affirmation de l'identité ;
mais elles sont accompagnées d'une expression de profonde
angoisse, liée à l'attachement
irréductible du poète à l'Empire et à
l'impossibilité de
réconcilier les deux termes du problème dans un cadre
autre qu'onirique.
Wang
Wei, confronté à la même
difficulté, propose la solution qui aura la
préférence des lettrés chinois au
cours des siècles à venir pour survivre,
l'identité virtuelle doit être
"domptée", de la même façon que doit être
maîtrisé le "dragon
venimeux" qui, tapi au fond du "lac" de notre conscience
individuelle, viendrait à s'éveiller.
On
retrouve là une forme de
"régulation" ou de "modération" qui paraît
rejoindre, à
première vue, les préceptes confucéens ou
bouddhistes. Mais cette maîtrise de
soi n'est pas la dilution ou le rejet de l'émotion (ou la
passion, l'ego) dans
un Tout indifférent. Elle est, au contraire, la reconnaissance
d'une identité
qui séduit autant qu'elle menace. C'est dans la puissance de
l'émotion que se
distingue l'homme ;selon qu'il la canalise ou qu'il la sublime, il
embrasse ou
rejette l'indifférence. C'est un choix auquel tout être
doit faire face.
Les
limites de l'affection
Le
dernier chapitre montre
combien ce choix est en réalité complexe dans la culture
chinoise : la façon
dont Du Fu retient le glaive qu'il est sur le point de tirer du
fourreau ou la
façon dont Wang Wei médite face à son dragon
mental, sont exemplaires de
l'esquive plutôt que de la confrontation.
La
conscience de
"l'autre" par rapport à "soi" est entière, mais elle ne
suffit pas à pousser le sujet à se remettre en cause. A
l'inverse des poètes
occidentaux - qui sont évoqués ici seulement en
contrepoint, pour mieux
élucider l'écart de la démarche chinoise -, il n'y
a ni goût ni plaisir à conduire
l'émotion jusqu'à son paroxysme. La pulsion existe, la
réalisation est absente.
Une
ouverture sur
"l'autre" basée sur l'affection suppose en fait deux
étapes
successives : la reconnaissance de cet "autre", puis son
intériorisation. C'est cette seconde étape qui est
esquivée,
empêchant finalement la pensée chinoise de nommer la
singularité. Tant qu'elle
est "affect" (qing),
elle
reste du domaine du privé et ne se déploie que dans un
monde
virtuel, un "quant à soi". Pour accéder au monde
réel, il lui
faudrait se socialiser : il faudrait accepter de penser le rapport avec
l'autre
non pas en termes de coexistence ou de contrôle, mais
d'interpénétration ou
d'identification.
Au
moment où la Chine
redéfinit ses relations avec le Monde, l'enjeu n'est pas
seulement théorique.
Harvard-Pékin-Singapour-Paris-Shanghai
septembre 1987-avril 2000
[i] W.J.F.
jenner, The Tyranny
of history: the roots of
[ii] Cf.
Jonathan D. Spence, The
Search for modem
[iii] Cf. Peter Kunzmann et al., article sur Lévinas, in Atlas de la Philosphie, Livre de Poche, Paris, 1993, P.239.
[iv] Propos sur la Poésie, in Œuvres, I, Pléiade, 1957, p.1362.
[v] Les Bucoliques de Virgile, in Oeuvres, op. cit., p. 208.
[vi] Qian Zhongshu fait une exception notable pour Su Dongpo, sous les Song.