Une théologie chinoise, enfin, devrait aussi
prendre
en compte les enjeux culturels de la Chine en cette fin de
siècle.
Ces enjeux sont ceux d'une crise vieille de cent ans. Quand Tu Weiming,
professeur
à Harvard, fut invité à donner un cours sur la
philosophie
confucéenne à l'Université de Pékin, il
commença
par déclarer que cette philosophie représente maintenant
en
Chine une tradition « étrangère ». Il y a
actuellement,
expliqua t il, cinq traditions influentes parmi la jeunesse chinoise du
continent
: « la tradition d'humiliation nationale", qui remonte aux
guerres
de l'Opium du milieu du XIXe siècle; la tradition d'"attaques
iconoclastes"
contre le confucianisme; le marxisme-léninisme; la tradition de
"la
rébellion justifiée", celle de la Révolution
culturelle;
enfin, depuis 1979, la tradition des "réformes", celles
inaugurées
par Deng Xiaoping »
10. Ces propos datent de
1985, mais restent vrais.
Selon un ancien ministre de la Culture, la Chine ne peut plus continuer
à
tout détruire : il s'agit maintenant de reconstruire à
partir
de tous les acquis culturels disponibles, qu'ils viennent du
passé
chinois, de l'Occident ou du marxisme
11. Une
théologie chinoise
s'élaborera t elle au milieu de cette crise culturelle? Il est
évidemment
trop tôt pour le dire.